Aida Sabbara, une des responsables de l’Alliance Pour la
République affirme que « la parité sera appliquée comme le prévoit la loi,
sinon les femmes prendront leur responsabilité devant l’histoire. « Il y a
des hommes qui évoquent le mérite. Ils ne veulent pas entendre parler de la
parité. Nous ferons face à eux et la faire appliquer à cent pour cent »,
lance t-elle.
mercredi 5 mars 2014
AIDA SABARA: « La parité sera appliquée à cent pour cent ou rien »
DEMBA DIALLO: « Si Omer Seck est choisi, nous perdrons 7 sur les 12 localités »
Demba Diallo, militant de l’Apr à Rufisque avertit que si
Omer Seck dispute des postes électifs, alors qu’il est déjà Pca, les militants
qui sont derrière les autres responsables voteront contre. « S’il force, nous perdrons Yenne,
Sendou et Bargny. Aujourd’hui on risque de perdre sept (7) localités sur douze
(12). Et nous faisons face à un maire puissant », a-t-il prévenu.
Il poursuit que « si on met propose Abdou Salam Gueye,
on risque de perdre le nord, la commune la plus vaste du département avec
quatorze (14) sièges. Il appelle à la vigilance de Macky Sall et à la prudence
de Thierno A. Sall. Il propose la formation d’une équipe forte et soudée qui
peut conduire le parti aux élections avec des chances des les remporter.
Le mandataire de la coalition Macky 2012 à Rufisque Nord, dénonce
que Thierno Alassane Sall ait choisi Souleymane Ndoye, Omer Seck et Abdou Salam
Gueye qui sillonnent le département au nom du parti. « Ce n’est pas le
rôle d’un facilitateur. Il n’a pas le droit d’envoyer des personnes pour
diviser les militants du parti », crache M. Diallo.
Demba Diallo alerte que si les problèmes persistent, le parti
perdra Rufisque aux élections locales, affirmant que « les commissions
mises en place par les trois personnes précitées n’engagent pas ni le parti li
le département mais eux-mêmes ». A son avis, Omer, qui est le beau frère
de Macky Sall, devait être le fédérateur et non un élément de division dans le
parti.
RUFISQUE: Les républicains à couteaux tirés
Permanences
plurielles, adversité, division et affrontements internes sont les maux de
l’Apr du département de Rufisque. Ils se sont rencontrés, ce weekend à la
permanence sur la VDN, pour arrondir les angles. Mais les échanges n’ont abouti
qu’à un comité provisoire, dans la douleur. Les femmes exigent la parité dans
les listes, sans quoi, elles s’opposeront aussi à leur manière.
Les responsables de l’Alliance Pour la République (Apr-au
pouvoir) de Sébikotane, Diamniadio et de Rufisque dudit département se sont retrouvés dimanche, à la
convocation de Thierno Alassane Sall, superviseur. Ils se sont affrontés par
militants interposés, créant des interruptions lors des interventions. Un
comité, né dans la douleur, a été concocté pour séparer les protagonistes.
Thierno Alassane Sall, recevant la délégation de Diamniadio,
a précisé qu’il n’avait pas de candidat à la mairie de cette collectivité, où le
maire sortant, Mamadou Moulaye Gueye, qui a rejoint l’Apr à deux jours des
élections législatives de 2012, veut briguer son siège. Ce que rejettent les
fondateurs du parti dans la zone. Certains l’accusent de se targuer de son
titre de maire pour se représenter. « Nous nous y opposerons », a
défié Papa Diouf, coordonnateur communal de l’Apr.
La rencontre avec les responsables de Rufisque, qui a duré
quatre heures, a connu tous les remous. Les interventions ont été interrompues
à maintes reprises, par des militants de deux protagonistes, Omer Seck et Allé Seck, tous deux candidats pour la
mairie de la ville… La situation a été si tendue que Thierno A. Sall a lâché
que « si nous ne sommes pas ensemble, on perd ».
C’est la politique qui est comme ça, a-t-il dit, adressant
aux deux antagonistes que le moment est venu pour faire preuve de dépassement
face aux enjeux des élections.
« Quelque soit la position qu’on prend, si c’est pour diviser notre
maison, sauf si c’est pour faire un départ définitif, elle n’est pas juste. On
est à un de ces moments cruciaux », a-t-il asséné.
A partir de ce moment, j’ai compris le message…Les
malentendus « ses
mandataires », il a laissé entendre que les erreurs de ces derniers seront
corrigées. Un comité de seize personnes élargies aux jeunes et aux femmes en
plus des enseignants, a été retenu pour continuer le travail sur le terrain en
attendant que les nuages disparaissent sur le parti.
jeudi 27 février 2014
KABA DIAWARA: « La Guinée est gérée de manière clanique »
Parti, malgré lui, de
son pays natal, Kaba Diawara,
ex refugié politique Guinéen dénonce, au Sénégal,
la gestion de la République de Guinée. Il s’active aujourd’hui à changer les
mentalités et s’unir autour de cohésion nationale.
| Kaba Diawara |
Propos recueillis par Mamadou Lamine BA
Quelle est la raison de votre venue au Sénégal ?
J’étais membre du bureau exécutif de la Coordination des
Etudiants de Kankan (Cek), la plus grande des structures d’étudiants en Guinée.
Entre 2000 et 2003, nous avons organisé plusieurs manifestations pour
l’amélioration de nos conditions de vie et d’études. L’Etat, à l’époque, a réagi
de manière très violente. Il a radié tous les dirigeants des mouvements dans
les universités Guinéennes et a nous a mis en prison pendant un mois.
Comment avez-vous
quitté le pays, alors ?
Nous avons été extirpés par des diplomates des Etats-Unis et
de l’Allemagne, soucieux de la démocratie et de la liberté. Ce sont eux qui
nous ont soutenu et organisé notre voyage vers le Sénégal en 2003. J’ai déposé une
demande d’asile politique que le
gouvernement sénégalais m’a accordé. Actuellement, j’ai renoncé à l’asile et je
me consacre au bien-être des Guinées au Sénégal.
Que faites-vous exactement
?
Je m’engage dans des mouvements associatifs et organisations
de Guinéens, surtout en politique, pour apporter un plus dans la
démocratisation du pays. Depuis l’indépendance, jusqu’à nos jours, la Guinée
est gérée de manière clanique. Ça l’a été tout le temps. La connotation
ethnique et régionaliste qui y est plis forte que le sentiment citoyen. C’est
ce qui perdu Cellou Dalein Diallo, lors des élections présidentielles. Il y a
eu trois régions naturelles qui ont voté contre lui, sur les quatre.
Quel est votre
stratégie ?
Nous travaillons à dire à nos compatriotes, que toutes les
guinées sont notre même Guinée. Nous les disons que nous devons mettre fin à aux
considérations ethniques et régionalistes et nous donner les mains, travailler
ensemble pour la seule raison de développer notre pays. Nous travaillons à
mettre un homme crédible et consensuel à la tête du pays afin de le changer.
Quel est cet
homme ?
Il s’appelle Amadou Oury Diallo dit « Diallo
Sadakaaji ». À travers lui, nous voulons mettre les hommes qu’il faut à la
place qu’il faut pour sortir le pays de sa léthargie, depuis 1958.
Quel type de Guinéen
voulez-vous construire ?
Il faut une nouvelle mentalité en Guinée. Une mentalité
citoyenne. Il y a vingt sept groupes ethniques dans ce pays. Mais chacun
s’identifie à travers son ethnie ou sa région et donne priorité à son groupe. A
ce rythme, le pays trainera encore pour des décennies. Mais si tout le monde
met en avance le pays, ensemble, on avancera tous. Il faut penser et
privilégier la Guinée, uniquement la guinée et tout le monde s’y sentira bien.
Parce que c’est ce qui nous lie tous.
COHESION NATIONALE: Des Guinéens veulent tester le label Sénégal chez eux
L’association Sénégalo-guinéenne et Guinéens, qui regroupe
des citoyens sénégalais d’origine guinéenne et des ressortissants Guinées,
veulent tester le modèle de dialogue social et de cohésion nationale sénégalais
dans leur pays, pour raffermir les liens entre les enfants de ce pays voisin, où
la division interethnique et régionale plombe la stabilité et menace la paix.
Ils souhaitent s’inspirer de la manière dont les ethnies
sénégalaises cohabitent dans la paix pour mettre fin à la division en Guinée
Conakry. « Chez nous, Peulhs et malinkés se regardent en ennemis jurés, et
la moindre opportunité est saisie par les uns ou les autres pour verser dans la
violence verbale, morale, psychologique ou tout simplement physique », a
évoqué un membre.
Au Sénégal, selon lui, des ethnies ont tissé un lien social
qui favorise la cohésion nationale. Il convoque la cousinerie à plaisanterie
entre Peuls et Diols, Diolas et Sérères, Sérères et Diolas ou entre Balantes et
Peuls. « J’ai été témoin d’une scène qui m’a marqué. Un sérère se
chamaillait avec un individu. Quand un Peul l’a demandé d’arrêter, dans la
plaisanterie, il s’est rangé ».
Sur le plan social, selon Mamadou Yacine Diallo, des
ressortissants Guinéens tombent souvent malades et sont obligés de quémander
pour se soigner, alors qu’il a des parents ici. Nous voulons œuvrer pour
changer les mentalités. Nous allons donc, copier ce qui se fait au Sénégal, en
termes d’organisation sociale, pour éviter certaines situations
sociales », dixit M. Diallo.
Le nombre de Guinéens au Sénégal et leur force économique et
sociale, selon lui, ne reflète pas le vécu des membres de cette forte
communauté au Sénégal. Ils vont s’afficher, adopter des comportements citoyens
en commençant par identifier les problèmes qui gangrènent leur communautés. Une
des causes, la fragilité des couples, a été ciblée et fera l’objet de
sensibilisation.
lundi 24 février 2014
GUINEE CONAKRY: Une Alliance annoncée pour changer le pays
Des Guinéens établis au Sénégal vont mettre sur les fonds
baptismaux, à Dakar, le Mouvement des Guinéens du Sénégal (Moguisen), pour
« l’instauration d’un Etat de droit et d’une démocratie réelle en Guinée
Conakry, dans la paix, l’unité et la réconciliation ». Pour cela, ils se
sont rangés derrière Amadou Oury Diallo, alias « Diallo
Sadakaaji (Diallo charités) », leur espoir pour le changement.
« Cette initiative s’inscrit dans le souci du
développement de notre pays. La Guinée est restée cinquante cinq (55) ans
enterrée. C’est des jeux de passe-passe entre anciens premiers ministres et
anciens ministres qui se succèdent au pouvoir. Nous les jeunes ne voyons rien
dans l’horizon. L’opposition n’existe pas en Guinée », déclare Augustin F.
Mara, président du comité de pilotage du mouvement.
Compte tenu de toutes ces remarques, ils se sont engagés à
réunir tous les Guinéens et « effacer les différences ethniques,
régionales et les mettre dans un même panier et faire la proposition à M.
Diallo, qui veut se lancer dans la politique », ajoute t-il, convoquant
« sa crédibilité, sa générosité et sa capacité de faire développer son
pays ».
« Il porte notre espoir et nous sommes tous derrière lui,
pour cristalliser notre objectif commun », lit-on dans un document rendu
publique…Pour y arriver, ils appellent à « taire leur division
interne et à renforcer ce qui les unit ; leur patrie : la Guinée. Ils
veulent « reprendre le combat, avec tous les démocrates, afin de se donner
une nouvelle chance à leur pays».
Il est temps, selon lui, de diriger les politiques au lieu
de se faire diriger par ces derniers, ce qui n’a jusque là, rien apporter à
leur pays. « Désormais, c’est nous allons mobiliser les politiciens et non
eux pour nous mobiliser derrière eux.
« Dressons une grande alliance républicaine qui unisse
toutes les organisations non fanatiques et non ethniques pour la conquête du
pouvoir. Intensifions, avec une nouvelle approche, le travail de
sensibilisation de nos diverses communautés ainsi que de la de celle internationale »,
appelle le même document, par la voix de El hadj Hamidou Diallo, porte parole
du mouvement.
Les membres de la structure vont rassembler des partis
politiques, des syndicats, et autres organisations de la société civile, qui le
veulent, afin de trouver « une passerelle pour une direction politique
unifiée de toute cette pléiade d’organisations ». Leur existence est
importante par ce que « chacune va apporter sa part de briques dans la
construction d’une nouvelle Guinée ».
La formation politique de leur mentor, espèrent-ils, devra être le nouvel vecteur qui fera naître l’espoir
de démocratie, de justice et de paix » dans ce qu’ils qualifient de
« scandale géologique », la Guinée Conakry. Ensemble, « dans la
prière, la paix, le pardon et la prospérité, nous rendrons notre peuple, le
peuple Guinéens, dans toutes ses composantes, uni, solidaire et
indivisible ».
Le dimanche prochain, ils tiendront leur assemblée
constitutive dans le but de former la direction du mouvement qui est ouvert à
tous les Guinéens sans distinction de région natale, d’ethnie ou de
religion. Ils appellent à militer pour
la « réconciliation, le développement » et lutter, pacifiquement,
pour une meilleure Guinée où ses enfants seront unis et prospères.
mercredi 19 février 2014
CASAMANCE: Comment l’Etat a mis le feu par l’étincelle du foncier ?
Le conflit armé en
Casamance a été au menu du carrefour d’actualité
au Cesti ce mercredi sur le
thème « Conflits fonciers et la crise politique : aux origines d’un
conflit armé ». L’étincelle de la spoliation foncière, allumée par l’Etat du
Sénégal, la négation culturelle et la répression brutale pour étouffer la
« fronde », ont été à la base de l’éclatement du conflit armé.
![]() |
| Casamance |
Par Mamadou Lamine BA
« L’Etat du Sénégal, au nom de la loi sur le domaine
national, a confisqué des terres des autochtones par les fonctionnaires, les
maires, les administrateurs et les a affectés à des personnes étrangères de la
région. Ça a été une tournure
particulière, notamment dans les zones littérales (Cap Skirring) et les
périphéries de Ziguinchor où la
situation s’est empirée », a expliqué
Jean-Claude Marut.
« Les populations qui avaient l’habitude de gérer leurs
terres, se sont mobilisées contre les pertes de leurs vergers, plantations et
des palmeraies. Elles ont été choqué par la confiscation qui s’est faite sans
concertation ni indemnisation des terres, donnés à des étrangers, au plus
offrant, sur la base du clientélisme politique, de la corruption », a
révélé le chercheur.
« La perception péjorative de la tradition en Casamance,
considérée comme archaïste par l’Etat du Sénégal, sa négation et la répression brutale pour étouffer touts fronde
interne qui sont à l’origine du conflit
armé en terre casamançaise », a, en substance justifié le conférencier et chercheur au Centre
National de Recherche Scientifique (Cnrs), à Paris.
Tout le monde, selon le conférencier, Chrétiens comme Musulmans,
surtout, se sont opposés à la pratique. L’Etat a réprimé les protestataires.
« Ce traitement brutal a été très mal vécu. Ça a renforcé ce sentiment de
spoliation encouragé par l’administration. La répression a exacerbé les populations locales qui se sont senties
violées et menacées.
C’est la brutalité a mené à la mobilisation, par des
pétitions, marches, puis à l’étape suivante : la violence par des destructions
et incendies de bâtiments… Les départs vers Dakar se ralentissent et les jeunes
reviennent au moment où de nombreux nordistes s’y rendent aussi pour des
perspectives d’enrichissement avec l’encouragement de l’Etat », fait
savoir Jean-Claude Marut.
Le Sénégal a voulu
arracher la Casamance aux Casamançais
Pour l’Etat, le commerce, la mer, la terre vont
rapporter des recettes fiscales, ce qui va accroître la tension. « Nous
étions devenus des étrangers à la Casamance avec le soutien des autorités
locales. Toutes nos plantations les revenaient. Ce qui n’est pas possible si
nous nous rendons chez eux. Le Sénégal a voulu arracher la Casamance aux
Casamançais ».
La réponse de l’Etat a été trop brutale face à la marche
pacifique par des violences et des arrestations préventives en Casamance et à
Dakar où des gens étaient soupçonnés. Les gendarmes ont tiré dans la foule sans
armes à Ziguinchor. La liberté d’expression mise en cause. Les rescapés de
cette violence vont se reconstituer dans les périphéries de la ville et vont
mener les premiers combats.
De nouveaux risques
existent
Aujourd’hui, ce qui s’était passé à Ziguinchor se répètent
dans d’autres villes comme Bignona, Oussouye. Il y a le retour des déplacés qui
avaient quitté à cause du conflit dans une centaine de village. Soixante mille
(60.000) personnes qui vivaient le long de frontière de la Guinée Bissau. Mais,
Les autorités sont plus prudentes en avançant avec beaucoup de précautions.
L’autre risque vient du fait que les gens qui vivaient dans
un village comme Niassya, ont abandonné leurs terres pour se refugier à
Ziguinchor. Les Bissau-guinéens sont venus, à leur tour, pour des raisons
sécuritaires, s’installer dans ces villages et exploitent leurs terres. Le
retour des déplacés, qui réclament leurs terres, est donc une autre source de
conflit en gestation.
Dans la région de Ziguinchor, notamment dans le Cassa et le
nord de Bignona, il existe des gisements de zircon. « L’Etat a cédé les
droits d prospection à des canadiens. Si cette exploitation voit jour, c’est toute
la zone côtière qui sera bouleversée dans le domaine environnemental. Déjà, des
groupes de rebelles agitent la question et s’y opposent.
La déforestation en cours en Casamance : en basse Casamance,
le tapis verdoyé est en voie de disparition.
Pour acheter la paix, l’Etat a laissé des ex rebelles exploiter la forêt de
manière abusive même si « ça fait vivre les jeunes (dans les scieries) qui
n’ont pas d’emplois », car « Il n y a pas de débouché pour les jeunes
de la Casamance », déplore M. Marut.
Pour lui, le conflit foncier, le choix politiques qui ont
amené vers celui armé n’est pas éteint avec la non prise en compte de la
dimension politique de la tradition en Casamance. « L’Etat a voulu
instrumentaliser la capacité de la tradition locale pour l’appliquer à la
résolution du conflit. Pour un conflit nationaliste, c’est une fausse
route ».
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